Chirurgie de l’otite

Chirurgie de l’otite moyenne chronique

Quelle est la cause de l’otite moyenne chronique ?

Toutes les formes d’otite moyenne chronique sont toujours et constamment causées par un dysfonctionnement de la trompe d’Eustache, le canal qui relie la cavité nasale à l’oreille moyenne et assure sa ventilation. Dans des conditions normales, la trompe d’Eustache, également appelée tube auditif, s’ouvre toutes les 5 minutes lorsqu’on est éveillé et toutes les 10 minutes lorsqu’on dort, permettant à une petite quantité d’air de circuler dans l’oreille. Dans la vie quotidienne, peu de gens remarquent ces ouvertures, mais elles se produisent régulièrement. En revanche, nous remarquons tout le travail effectué par le tube auditif lorsque nous montons ou lorsque nous descendons la montagne, prenons l’avion ou faisons de la plongée sous-marine. Dans ces conditions, les différences de pression entre l’oreille et le monde extérieur sont plus importantes et, par conséquent, il est facile de percevoir l’ouverture du tube auditif, indispensable pour égaliser la pression de l’air à l’intérieur de l’oreille avec la pression extérieure. Il est parfois possible de forcer l’ouverture de la trompe d’Eustache en fermant le nez avec les mains et en soufflant fort. Cette manœuvre, appelée compensation, est connue surtout de ceux qui pratiquent la plongée. Une altération du mécanisme d’ouverture de la trompe d’Eustache joue un rôle fondamental dans la pathogenèse de l’otite chronique.

Que se passe-t-il si le tube auditif ne fonctionne pas ?

Première phase de l’otite : otite moyenne aiguë

Le dysfonctionnement de la trompe d’Eustache est à la base de l’otite moyenne chronique. Dès 24 heures après l’obstruction du tube auditif, on observe une chute rapide de la pression de l’air dans l’oreille. Au fil du temps, la pression de l’air dans l’oreille moyenne diminue de plus en plus, créant une sorte de « vide » qui aspire les liquides des capillaires de la muqueuse qui tapisse l’oreille. Un liquide séreux commence à s’échapper des parois de la cavité tympanique et « inonde » rapidement l’oreille, bloquant les mouvements du tympan et de la chaîne des osselets. À ce stade, le patient souffre d’une surdité sévère due à l’absence de conduction du son par les structures de l’oreille. La douleur, pour le moment, est absente. Si la maladie s’arrête à ce stade, nous avons affaire à une otite séromuqueuse, typique de l’enfance. Si, au contraire, le liquide séreux qui remplit l’oreille est attaqué par des bactéries et se transforme en pus, une phase de douleur forte et croissante commence, de nature pulsatile, qui marque le début de l’otite moyenne aiguë.

L’otite moyenne aiguë se comporte comme si un gros bouton se formait dans l’oreille. Le pus s’accumule et appuie fortement, par pulsations, sur le tympan qui, après une usure qui peut durer jusqu’à 2 ou 3 jours, cède et se rompt, permettant au pus de s’échapper. À ce stade, enfin, avec la chute de la pression du pus dans l’oreille, la douleur disparaît immédiatement et, si elle est présente, également la fièvre, et l’oreille commence à guérir. La rupture de la membrane tympanique a normalement tendance à se cicatriser et, si la trompe d’Eustache redevient fonctionnelle entre-temps, l’oreille cicatrisera.

De l’otite moyenne aigue à l’otite moyenne chronique

En cas de dysfonctionnement prolongé des trompes, le processus de guérison est perturbé et l’écoulement se poursuit pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Il est très probable que le tympan ne soit plus capable de se réparer et qu’il subsiste donc une perforation de la membrane, qui peut être de petite taille ou même une destruction totale de la membrane. Nous sommes confrontés au tableau classique de l’otite moyenne chronique. La maladie a atteint un point de non-retour, la guérison spontanée n’est plus possible, les dommages sont biologiquement irréversibles. Si la pathologie nasale qui a déclenché l’obstruction du tube auditif persiste dans son action perturbatrice, on observe des épisodes répétés d’écoulement de pus par l’oreille, définis comme une otorrhée. Le même phénomène se produit si le patient laisse par inadvertance de l’eau pénétrer dans l’oreille avec la membrane perforée. Dans ce cas, sans aucune douleur, on assiste à l’apparition de sécrétions abondantes qui durent longtemps. Le danger de ces rechutes réside dans l’agression inflammatoire répétée de structures délicates telles que celles de l’oreille moyenne.

Détecter l’otite moyenne chronique

Le spécialiste ORL doit, dès la première visite, comprendre si la maladie nasale qui a causé les dommages à l’oreille est toujours active ou non. Toute tentative de reconstruction aux dépens de l’oreille moyenne est vouée à un échec certain en l’absence d’une fonction adéquate de la trompe d’Eustache. C’est pourquoi il est fréquent que le spécialiste ORL, face à un patient souffrant d’une otite chronique de l’oreille moyenne, vérifie par endoscopie les cavités nasales, demande une étude tomodensitométrique des sinus paranasaux et, si nécessaire, propose une opération du nez à une personne se présentant pour un problème d’oreille.

Traitement de l’otite moyenne chronique

Otite moyenne chronique avec perforation de la membrane

Dans ces cas, outre la perforation du tympan, on observe généralement une destruction partielle ou totale de la chaîne ossiculaire. L’opération de reconstruction, appelée tympanoplastie, est réalisée en une ou plusieurs étapes chirurgicales, en fonction de la gravité des lésions. Souvent, la membrane tympanique est reconstruite en premier et, après au moins 6 mois, la chaîne ossiculaire est reconstruite.

Otite moyenne chronique sans perforation de la membrane tympanique

Cette forme présente deux stades de développement différents. Elle se présente d’abord comme une otite moyenne séromuqueuse chronique, puis comme une forme tympanosclérose. L’otite séromuqueuse, typique de l’enfance, est traitée par adénectomie et drainage transtympanique. La tympanosclérose est, d’un point de vue fonctionnel, la forme la plus désavantageuse de l’otite moyenne chronique et représente un véritable défi pour le chirurgien ORL. Souvent, dans des cas de ce genre, il est même conseillé de renoncer à l’opération. En effets, la chaîne bloquée par la tympanosclérose ne peut pas être réparée avec des résultats définitifs et, souvent, les manipulations chirurgicales peuvent entraîner d’autres dommages graves aux structures de l’oreille interne avec l’apparition d’une surdité neurosensorielle qui s’ajoute à la surdité existante, aggravant le malaise du patient.