thyroide

Tout savoir sur l’ablation de la thyroïde ou thyroïdectomie

Qu’est-ce que la thyroïde ?

La thyroïde est une petite glande située dans le cou, en avant de la trachée. C’est une glande endocrine, responsable de la production des hormones T3, T4 qui agissent sur le métabolisme énergétique et de la calcitonine qui participe au métabolisme du calcium. La thyroïde est essentielle au bon fonctionnement de l’organisme. Dans certains cas, une thyroïdectomie ou une ablation de la thyroïde est nécessaire.

Comment se fait le diagnostic de la pathologie thyroïdienne ?

Pour étudier le bon fonctionnement de la glande thyroïde, l’endocrinologue s’appuiera sur des tests de laboratoire spécifiques, sur des investigations instrumentales visant à définir la forme et la taille de la glande. Ces examens peuvent être l’échographie, la scintigraphie, l’examen cytologique de l’aspiration des aiguilles thyroïdiennes, scanners CT ou IRM. A partir de ces examens, l’endocrinologue évalue la pathologie thyroïdienne se basant sur la présence ou l’absence de nodules et leur nature, et sur la présence éventuelle de ganglions lymphatiques pathologiques dans le cou.

Quand faut-il pratiquer une thyroïdectomie ?

L’ablation de la glande thyroïde peut être nécessaire dans trois cas :

  • en présence de tumeurs malignes ou bénignes ;
  • en présence d’un goitre qui grossit ou qui comprime les organes voisins et provoque une sensation d’étouffement ou d’encombrement à la base du cou, une difficulté à respirer, surtout en position allongée, une difficulté à avaler et une baisse du ton de la voix ;
  • lorsque l’hyperthyroïdie (c’est-à-dire une production excessive d’hormones thyroïdiennes) ne peut être traitée par un traitement médical.

Comment fonctionne la thyroïdectomie ?

L’ablation de la glande thyroïde peut être partielle (hémithyroïdectomie, lobectomie) ou totale et est effectuée sous anesthésie générale, avec accès par la région antérieure de la base du cou. La zone de la plaie chirurgicale peut être gonflée pendant quelques semaines, mais ne nécessite aucun traitement. Le séjour à l’hôpital dure quelques jours et les douleurs post-opératoires sont modestes et bien tolérées par les patients. Après une thyroïdectomie totale, il est nécessaire de prendre des hormones thyroïdiennes à vie. La thérapie est quotidienne, par voie orale, le matin à jeun, trente minutes avant le petit déjeuner. Pour une chirurgie de thyroïdectomie partielle, l’indication d’une thérapie hormonale devra être évaluée par le médecin au cas par cas.

Quelles sont les conséquences possibles d’une opération de la thyroïde ?

Le lendemain de l’opération, aucune thérapie n’est nécessaire et la douleur postopératoire est modeste et généralement bien tolérée. La cicatrice est à peine visible. Le traitement aux hormones thyroïdiennes, si nécessaire, est commencé dans les jours qui suivent. Environ une semaine après la sortie, les points de suture sont retirés et la plaie peut rester découverte. La région antérieure de la base du cou, le site de l’opération, reste légèrement enflée pendant quelques semaines.

La région antérieure de la base du cou, le site de l’opération, reste légèrement enflée pendant quelques semaines, puis revient à la normale sans traitement.

Après une thyroïdectomie totale, les hormones thyroïdiennes doivent être prises à vie, tandis que pour une thyroïdectomie partielle, l’indication d’un traitement hormonal doit être évaluée au cas par cas par l’endocrinologue. Les hormones thyroïdiennes doivent être prises le matin à jeun, 30 minutes avant le petit-déjeuner.

Risques de la thyroïdectomie

Outre les risques génériques de toute intervention chirurgicale comme les hémorragies, les infections et les risques liés à l’anesthésie, les risques suivants peuvent survenir :

  • des lésions des nerfs laryngés récurrentes (entraînant une dysphonie nécessitant une orthophonie) ;
  • les lésions parathyroïdiennes (entraînant une hypocalcémie nécessitant un traitement médical approprié).

Il peut arriver que dans les semaines qui suivent l’opération, le sujet opéré éprouve des difficultés à avaler (sensation de corps étranger dans la gorge, fixation de la peau du cou, sensation de tension sur la peau du thorax pendant la déglutition). Ces plaintes sont temporaires et diminuent progressivement en quatre mois environ. La cause est due à la profonde cicatrisation de la blessure qui implique le non glissement des plans musculaires du cou.

La voix, après l’opération, peut subir des changements de ton, tout en restant claire, ou s’affaiblir (fatigue facile et difficulté à parler fort, à crier ou à chanter). La plupart de ces troubles régressent complètement en quelques mois. En particulier, la modification de Le ton de la voix est dû à la perte de compression sur l’organe de phonation (le larynx) par la glande thyroïde hypertrophiée.

La cicatrice chirurgicale peut être considérée comme complètement guérie, également à des fins esthétiques, seulement après environ trois mois.

Supplémentation de calcium après ablation de la thyroide

Lors de l’ablation de la glande thyroïde ou d’une partie de celle-ci, un ou plusieurs des parathyroïdes, ces petites glandes situées derrière la glande thyroïde et qui participent à la régulation des niveaux de calcium circulant, peuvent également être accidentellement enlevées ou endommagées. Dans ces cas, une supplémentation en calcium et en vitamine D est donc nécessaire.

Après l’opération, le patient prendra des analgésiques et il peut être contre-indiqué de conduire pendant quelques jours car les médicaments peuvent provoquer de la somnolence.

Dans les premiers stades suivant l’opération, il peut être nécessaire de réduire l’activité physique, mais l’activité à intensité lumineuse est encouragée autant que possible. En ce qui concerne l’alimentation, il peut être utile de consommer davantage d’aliments liquides au cours des premiers jours. Le patient peut également ressentir une sensation d’inconfort lors de la déglutition. Un enrouement peut également se produire dans les premiers jours, mais il aura tendance à régresser spontanément en quelques mois. Par la suite, le régime à suivre doit être un régime normal et équilibré. Attention uniquement à la consommation excessive de soja, qui pourrait interférer avec la capacité d’absorption des médicaments dans le cadre d’un traitement hormonal substitutif.