Pieds bots : une malformation très bien soignée

Pied-bot, une malformation très bien soignée

Qu’est-ce que le pied-bot ?

Le pied bot est une déformation squelettique congénitale qui affecte la plante du pied, plus précisément la partie externe. Cette partie a tendance à se tourner vers le milieu du corps, créant une sorte de torsion vers l’intérieur du pied lui-même.

Le pied bot est une condition invalidante impliquant des impacts négatifs qui peuvent s’étendre bien au-delà de la cheville et du pied.

L’une des principales causes du pied bot est sans aucun doute le facteur génétique, c’est pourquoi il n’y a pas de symptômes particuliers puisqu’elle se manifeste dès la naissance. La principale caractéristique du pied bot est qu’il est moins long et légèrement plus large qu’un pied standard.

Les causes exactes du pied bot ne sont pas encore totalement connues. Cependant, il est probable que des facteurs génétiques, neurologiques et musculaires puissent être impliqués dans l’apparition de cette malformation, qui peut intervenir pendant la vie fœtale.

Dans certains cas, le pied bot est lié à des troubles graves tels que :

  • Spina bifida.
  • Infirmité motrice cérébrale infantile.
  • Dystrophie musculaire.
  • Arthrogrypose.
  • Dysplasie congénitale de la hanche.

Cependant, le pied bot peut également être idiopathique (c’est-à-dire en l’absence de cause connue). Le pied bot a une prédisposition héréditaire. Cette pathologie apparaît assez fréquemment dans des familles où il y a déjà eu des cas de malformations congénitales.  Le pied bot est souvent bilatéral et est plus fréquent chez les hommes.

Pied-bot : redresser le pied des bébés

Il existe différents types de thérapies pour le pied bot de l’enfant, notamment :

1) La méthode Ponseti : développée dans les années 1970, elle est basée sur l’application de craies correctrices qui doivent être portées par l’enfant jusqu’à ce qu’il puisse marcher. De cette façon, le pied peut être corrigé au fur et à mesure de sa croissance. Néanmoins, il est possible que cette méthode ne suffise pas à corriger définitivement le problème. Le problème créé par cette méthode est l’écrasement des os qui se forment. Lorsque le plâtre est retiré, le pied a l’air normal, mais l’intérieur des os et des articulations est parfois écrasé et déformé.

2) La méthode Codivilla : il s’agit d’une intervention chirurgicale qui est réalisée au cours des six premiers mois de la vie et qui permet de corriger le pied de façon permanente. L’opération se caractérise par deux incisions qui permettent d’étirer les tendons et les muscles.

Pied-bot : une rééducation intense

La meilleure façon d’améliorer la fonction d’un membre est de suivre un traitement adapté au problème. La rééducation post-opératoire est très importante, et il est également essentiel d’en tenir compte :

  • Orthèses et appareils orthopédiques adaptés.
  • Physiothérapie d’entretien.
  • Mouvement et exercices d’étirement ciblés.

Comme pour toutes les opérations, la maintenance et l’entretien de la partie traitée et exploitée sont essentiels pour obtenir les meilleurs résultats. Il est certain que le pied bot est une condition plus compliquée que d’autres, mais elle est sans aucun doute traitable et connaît des résolutions définitives. Un enfant né avec un problème tel que le pied bot a une forte probabilité de résoudre le problème après l’opération et de pouvoir vivre et marcher de manière tout à fait normale.

C’est pourquoi il est essentiel de faire appel à des professionnels compétents, capables de comprendre et de résoudre le problème.

Pied-bot : quand la chirurgie est nécessaire

Afin de pouvoir mettre en place un traitement réellement efficace pour le pied bot, il est conseillé de faire appel à plusieurs spécialistes pour discuter du problème. Cela permet d’avoir une vision à 360° du problème afin que tous les aspects soient pris en compte. Un physiatre, un neurologue, un podologue et, bien sûr, un chirurgien du pied sont le plus souvent impliqués.

Le kinésithérapeute est indispensable pour analyser la fonction et surtout la mobilité du pied. L’importance du neurologue réside dans sa capacité à évaluer l’origine de la maladie, sa nature et à prescrire au patient un traitement médicamenteux adapté. Le podologue s’occupera de l’orthèse des déformations et le chirurgien évaluera la nécessité d’une correction au niveau du squelette. L’intervention de tous ces professionnels est fondamentale pour résoudre le problème de la meilleure façon possible et surtout dans un délai relativement court.

Cependant, la chirurgie corrective est la solution la plus rationnelle, la plus professionnelle, la plus définitive et la plus curative dans le cas du pied bot.

La physiothérapie a une validité surtout après une intervention chirurgicale. La physiothérapie n’apporte pas d’amélioration. La physiothérapie peut au mieux prévenir l’aggravation de la situation clinique. Cependant, la situation clinique s’aggrave avec l’âge.

Pied-bot : des exercices pour empêcher la récidive

Avant de voir quels pourraient être les exercices pour prévenir le risque de récidive du pied bot, il est important de souligner que la physiothérapie et les étirements ne servent pas à corriger le pied bot, mais à maintenir la correction déjà complètement obtenue par les approches thérapeutiques mentionnées plus haut. Si, à la fin du cycle de plâtrage, votre pied est toujours un peu tordu et que vous êtes envoyé en physiothérapie, comme cela est malheureusement arrivé à un certain nombre de parents, vous devriez vraiment retourner voir votre médecin traitant.

Voici deux exercices simples pour prévenir la récidive du pied bot:

  • Étirement de dorsiflexion avec extension du genou :

Une main plie le pied en dorsiflexion, l’autre main tient le genou en extension (c’est-à-dire en extension, pas en flexion). Faites cet exercice pendant deux minutes avant de mettre l’attelle à l’enfant.

  • Étirement du tibia postérieur :

C’est ce qu’on appelle communément squat. L’accroupissement avec les talons reposant sur le sol étire le muscle tibial postérieur. Effectuez le squat pendant deux minutes par jour (le petit enfant peut être maintenu en position par les parents).