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Obésité: attention au risque de cancers

Lien entre obésité et cancer

L’obésité et le cancer sont plus étroitement liés qu’on ne le croit généralement. Bien qu’un lien direct n’ait pas été prouvé, un nombre croissant d’études cliniques menées dans le monde entier montrent que l’excès de graisse corporelle est associé à un risque accru de développer certains types de cancer. Avec ces constatations, l’OMS (Organisation mondiale de la santé) a désigné l’obésité comme la deuxième cause de cancer la plus évitable (après le tabagisme).

L’excès de poids : un facteur de risque du cancer important

Une recherche a été coordonnée par le CIRC, le Centre international de recherche sur le cancer, et l’Université de Bristol et a porté sur plus de 100 000 adultes des deux sexes. Ici, 58 221 personnes étaient atteintes d’un cancer colorectal et 67 694 étaient des sujets témoins (sans la maladie). Les données ont été analysées à l’aide de la randomisation mendélienne, qui utilise les variantes génétiques pour rechercher les relations de cause à effet entre les facteurs de risque modifiables (comme le poids) et la maladie (dans ce cas, le cancer colorectal) et qui, par rapport aux méthodes d’investigation plus traditionnelles, présente un risque réduit de biais ou d’erreur. L’étude a été financée par le WCRF, le World Cancer Research Fund, Cancer Research UK et Diabetes UK, entre autres. Cette étude souligne l’importance de se concentrer davantage sur le surpoids et l’obésité dans les stratégies de prévention du cancer dans le monde entier. Il reste maintenant à comprendre les mécanismes par lesquels la graisse corporelle provoque le cancer colorectal. En attendant, il est toutefois essentiel que les gens comprennent à quel point les kilos superflus et une mauvaise alimentation contribuent à accroître le risque de cancer.

Obésité et cancer : les chiffres

Le cancer semble affecter le plus les personnes en surpoids ou obèses. Le nombre de personnes obèses dans le monde a doublé depuis 1980, selon les données de l’OMS : en 2014, plus de 1,9 milliard d’adultes étaient en surpoids, dont 600 millions étaient obèses.

Mécanismes liant l’obésité et le cancer

Les mécanismes qui pourraient expliquer comment l’obésité peut augmenter le risque de certains types de cancer sont divers. Certains d’entre eux peuvent être liés à l’inflammation et aux changements hormonaux.

Les personnes en surpoids et obèses sont plus susceptibles que les personnes de poids normal de développer des affections ou des troubles liés à – ou provoquant – une inflammation locale chronique et constituent des facteurs de risque pour certains types de cancer.

Voici quelques exemples pour mieux expliquer ces propos :

  • L’inflammation locale chronique induite par le reflux gastro-œsophagien est une cause probable d’un adénocarcinome œsophagien
  • L’obésité est un facteur de risque de calculs biliaires, une affection caractérisée par une inflammation chronique de la vésicule biliaire, et des antécédents de calculs biliaires constituent un facteur de risque majeur de cancer de la vésicule biliaire.
  • Le tissu adipeux (également appelé tissu adipeux) produit également des quantités excessives d’œstrogènes. Des niveaux élevés de ces hormones ont été associés à un risque accru de développer des tumeurs, telles que le cancer du sein, de l’endomètre et des ovaires.

Enfin, les personnes obèses présentent souvent des taux sanguins élevés d’insuline et de facteur de croissance analogue à l’insuline, ou IGF-1. Cet état, connu sous le nom d’hyperinsulinémie ou de résistance à l’insuline, précède le développement du diabète de type 2 et peut favoriser le développement de cancers du côlon, du rein, de la prostate et de l’endomètre.

Obésité et cancer : les dangers

De nombreuses études scientifiques montrent que les patients obèses ont un risque plus élevé de développer des formes de cancer plus agressives et difficiles à traiter, avec une plus grande probabilité de complications pendant le traitement et de récidives dans le temps, par rapport aux personnes de poids normal. De plus, les traitements médicamenteux peuvent être problématiques en termes de dosage et peuvent être localement plus faibles ou plus élevés que nécessaire en raison de la répartition inégale de la graisse corporelle.

Selon le National Cancer Institute, des quantités plus importantes de graisse corporelle sont associées à un risque accru d’un certain nombre de cancers, notamment :

  • cancer de l’endomètre
  • adénocarcinome œsophagien
  • cancer gastrique du cardia
  • cancer du foie
  • le cancer du rein
  • méningiome
  • le cancer du pancréas
  • cancer de la vésicule biliaire
  • le cancer colorectal

Cette liste non exhaustive de liens entre le cancer et l’obésité souligne l’importance de ne pas sous-estimer le problème et, en cas de forte surcharge pondérale, de consulter un médecin pour perdre du poids.

Perdre du poids est-il bon pour la santé ?

On pense qu’une prise de poids limitée à l’âge adulte réduit le risque de développer des cancers du côlon, du rein et, pour les femmes ménopausées, du sein, de l’endomètre et des ovaires. La perte de poids ou l’évitement de l’excès de poids semble diminuer le risque de cancer, bien que d’autres études soient nécessaires sur ce sujet.

De plus en plus de preuves indiquent une relation entre la perte de poids et la diminution du risque de cancer chez les patients ayant subi une chirurgie bariatrique. Les personnes obèses semblent avoir un risque plus faible de développer des cancers liés à l’obésité après une chirurgie bariatrique que celles qui n’ont pas suivi cette voie de perte de poids.

Que faire et quoi éviter ?

Il n’existe pas de stratégie universelle pour tous ceux qui veulent éviter l’accumulation d’un excès de poids dangereux. Cependant, la science offre quelques indications générales que chacun peut suivre pour se rapprocher de l’objectif d’un poids normal. Par exemple, il a été démontré que le risque d’obésité et de surpoids est réduit si l’on adopte un mode de vie comprenant une activité physique, une alimentation riche en fibres, notamment en céréales complètes et en légumes, et, plus généralement, si l’on suit le régime méditerranéen. Le risque augmente si vous êtes plus sédentaire et passez plus de temps devant les écrans de télévision et d’ordinateur, et si vous avez également une alimentation riche en boissons sucrées et en aliments gras.