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Reconnaître et traiter l’hypertension intracrânienne idiopathique

C’est quoi l’hypertension intracrânienne idiopathique ?

L’hypertension intracrânienne idiopathique est une affection caractérisée par une augmentation de la pression intracrânienne en l’absence de masses cérébrales occupant l’espace et de causes apparentes de blocage du LCR. L’hypertension intracrânienne idiopathique présente des symptômes similaires à ceux d’une tumeur cérébrale (les deux pathologies impliquent une augmentation de la pression intracrânienne) et est souvent associée à l’obésité. Cette affection peut toucher des personnes de tous les groupes d’âge, mais elle est plus fréquente chez les femmes âgées de 20 à 40 ans, surtout si elles sont obèses.

Quelles sont les causes de l’hypertension intracrânienne idiopathique ?

Jusqu’à nos jours, les causes de la survenue de l’hypertension intracrânienne idiopathique ne sont pas totalement claires. Cependant, plusieurs facteurs dont la cause principale est l’obésité, ont été associés à l’apparition de cette affection. En ce sens, nous pouvons dire que les principales causes de l’hypertension intracrânienne idiopathique sont :

  • L’augmentation possible de la pression veineuse cérébrale en cas d’augmentation du volume sanguin endocrânien.
  • L’ altération du flux du LCR en raison d’une augmentation de la teneur en protéines dans le LCR ou d’une obstruction du passage cranio-cervical.
  • L’ altération du flux veineux en raison d’une thrombose des veines/sinus cérébraux ou augmentation de la pression veineuse en cas de malformation artério-veineuse.
  • L’augmentation de la pression veineuse en cas d’insuffisance cardiaque droite, de bronchopneumopathie chronique obstructive ;
  • L’hyperproduction de LCR.

Les facteurs de risque de l’hypertension intracrânienne idiopathique sont :

  • Femmes en âge de procréer.
  • Obésité, surtout en cas de prise de poids particulièrement rapide.
  • Troubles endocriniens (métabolisme thyroïdien, hypo- et hypercortisolisme, maladie d’Addison, hypoparathyroïdie).
  • Hypervitaminose A, anémie ferriprive, bronchopneumopathie chronique obstructive.
  • Prise de médicaments tels que les corticostéroïdes, antibiotiques (surtout tétracyclines), phénothiazines, lithium.

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Comment reconnaître l’hypertension intracrânienne idiopathique ?

Les symptômes de l’hypertension intracrânienne idiopathique

Le pseudo-tumeur cérébrale commence généralement par un mal de tête quotidien ou très fréquent qui touche les deux côtés de la tête. Au début, le mal de tête peut être léger, mais son intensité varie et peut s’accompagner de :

  • Nausées ;
  • Vision double ou floue ;
  • Bruit dans la tête qui se produit à chaque battement (acouphènes pulsatiles) ;
  • Certains individus, cependant, sont asymptomatiques.

L’hypertension intracrânienne peut provoquer un œdème du nerf optique près du globe oculaire, une affection appelée œdème papillaire, que votre médecin peut détecter en regardant le fond de l’œil avec un ophtalmoscope.

Le premier signe de problèmes de vision est la perte de la vision périphérique (latérale). Cette perte passe parfois inaperçue au début, et les personnes atteintes peuvent trébucher sur des objets sans raison apparente. Au stade avancé de la maladie, la vision devient floue et la cécité peut rapidement s’installer. Au moins un tiers des personnes atteintes de pseudo-tumeur cérébrale perdent la vue, soit partiellement, soit complètement. La perte de vision est généralement permanente, même si la pression autour du cerveau est réduite.

Diagnostic de l’hypertension intracrânienne idiopathique

L’examen neurologique est à la base du diagnostic de l’hypertension intracrânienne idiopathique et il peut montrer :

  • Élargissement des nerfs optiques, dû à la pression du LCR.
  • Diminution de la vision.
  • Vision double (diplopie).

En plus des symptômes visuels, les autres principaux symptômes de la l’hypertension intracrânienne idiopathique sont les suivants :

  • Maux de tête ;
  • Nausées ;
  • Vomissements ;
  • Acouphènes pulsatiles (sons perçus dans les oreilles, qui sont entendus à la même cadence que les pulsations).

Au cours de l’examen, le médecin vérifie le champ visuel et la vision périphérique et examine l’intérieur de l’œil avec un ophtalmoscope.

Le diagnostic de la l’hypertension intracrânienne idiopathique comprend aussi une IRM cérébrale pour éliminer les autres causes et une ponction lombaire pour mesurer la pression endocrânienne.

L’IRM permet d’obtenir des images des grandes veines (sinus veineux) qui transportent le sang du cerveau et permet aux médecins de déterminer si elles se sont rétrécies, ce qui est souvent le cas chez les personnes souffrant d’hypertension intracrânienne idiopathique.

Dans l’hypertension intracrânienne idiopathique, la pression du liquide augmente, souvent à des niveaux très élevés. Dès que le liquide est retiré par ponction lombaire, la pression à l’intérieur de la tête diminue, les sinus peuvent s’élargir et davantage de sang peut circuler dans le cerveau, de sorte que le mal de tête s’atténue.

Ces examens, ainsi que d’autres, peuvent aider à identifier ou à exclure d’autres causes possibles d’augmentation de la pression intracrânienne (comme une tumeur cérébrale bloquant les sinus veineux).

Traitement de l’hypertension intracrânienne idiopathique

Le traitement médical

Le traitement médical de l’hypertension intracrânienne idiopathique implique l’utilisation de diurétiques oraux. Un court traitement par corticostéroïdes oraux ou intraveineux est parfois recommandé pour réduire la pression intracrânienne.

Les médicaments connus pour déclencher le trouble, comme la tétracycline, doivent être interrompus. L’aspirine, le paracétamol ou les médicaments utilisés pour traiter les migraines peuvent soulager le mal de tête.

Le topiramate, en plus d’agir sur les maux de tête, peut également aider les personnes à perdre du poids et à diminuer la pression à l’intérieur du crâne.

Une bonne hygiène de vie

Les modifications du mode de vie (régime, exercice physique, etc.), essentielles pour lutter contre l’obésité, peuvent parfois être le seul traitement nécessaire. Les personnes en surpoids doivent perdre du poids pour réduire la pression à l’intérieur du crâne. L’hypertension intracrânienne idiopathique peut se résorber avec une perte de poids de 10 % du poids corporel. Cependant, les programmes de perte de poids sont souvent inefficaces.

Traitement de la vision

Si votre vision se détériore avec l’hypertension intracrânienne idiopathique, une intervention chirurgicale peut être nécessaire pour réduire la pression à l’intérieur de votre crâne et peut-être sauver votre vision.

Les procédures comprennent :

  • Fenestration des gaines du nerf optique ;
  • Un shunt ;
  • Un stent.

Dans la fenestration des gaines du nerf optique, des incisions sont pratiquées permettant au liquide céphalorachidien de s’écouler des tissus autour de l’œil, où il est absorbé.

Une shunt est un tube en plastique utilisé pour créer un drainage permanent. Il peut être placé par chirurgie pour éliminer le liquide céphalo-rachidien. Le stent, en revanche, est un tube qui est placé dans un sinus veineux rétréci pour l’élargir.

Hypertension intracrânienne idiopathique et chirurgie bariatrique

Si le patient est obèse et que les autres mesures sont inefficaces, on peut avoir recours à la chirurgie pour l’aider à perdre du poids par chirurgie bariatrique, par exemple un bypass gastrique. En cas de succès, ce type de chirurgie peut guérir l’hypertension intracrânienne idiopathique .