cardioversion

Ablation de la fibrillation auriculaire, thérapie pharmacologique et cardioversion

Les objectifs de la thérapie de la fibrillation auriculaire

Si vous avez reçu un diagnostic de fibrillation auriculaire, il est très probable que votre cardiologue vous ait également prescrit des médicaments et donné des conseils sur la manière de modifier votre mode de vie pour aider votre cœur à retrouver son rythme. Le traitement initial de ce type d’arythmie a deux objectifs :

  • Rétablir le rythme du cœur et régulariser le pouls ;
  • Prévenir la formation de caillots sanguins (thrombus), qui provoquent à leur tour des accidents vasculaires cérébraux et des embolies, et donc pour « coaguler » régulièrement le sang et le garder fluide.

Le traitement médicamenteux de la fibrillation auriculaire

Les antiarythmiques dans le traitement de la fibrillation auriculaire

Dans le cas du traitement médicamenteux ou pharmacologique de la fibrillation auriculaire, on prescrit des médicaments antiarythmiques, qui agissent sur les électrolytes (sodium, potassium, calcium, magnésium) responsables de permettre le passage électrique à travers la membrane des cellules du nœud sinusal, comme par exemple :

  • Les antiarythmiques de classe I (A, B, C), qui agissent en bloquant les canaux sodiques ;
  • Les antiarythmiques de classe II, ou bêtabloquants, qui agissent également sur la pression, en la réduisant ;
  • Les antiarythmiques de classe III, qui bloquent les canaux potassiques ;
  • Antiarythmiques de classe IV ou inhibiteurs calciques.

Les médicaments anti-arythmiques ont des effets secondaires importants car ils interfèrent avec la contractilité du cœur.

Les anticoagulants pour traiter la fibrillation auriculaire

Afin de fluidifier le sang et d’empêcher la formation de caillots sanguins dans le cœur, des anticoagulants sont prescrits, qui peuvent être pris à vie, surtout s’il existe d’autres facteurs de risque d’AVC, comme le fait d’être diabétique, hypertendu ou d’avoir déjà eu une maladie cardiaque ou un infarctus.

Traitement de la fibrillation auriculaire par cardioversion

Les types de cardioversion

La cardioversion est une intervention non invasive qui permet de traiter certaines formes de fibrillation auriculaire. Il en existe deux principaux types, le premier étant électrique. En pratique, il est possible de rétablir l’impulsion électrique correcte en générant un rythme sinusal régulier grâce à l’application d’un dispositif transthoracique qui envoie un courant continu via des électrodes qui s’harmonise avec l’activité électrique du cœur. De cette façon, l’arythmie est interrompue et le rythme du cœur est « ajusté », sans endommager le cœur. L’autre type de cardioversion est pharmacologique, qui modifie également l’activité électrique du cœur afin de régulariser le rythme sinusal à l’aide de molécules spécifiques.

Quand peut-on avoir recours à la cardioversion en cas de fibrillation auriculaire ?

Cependant, des deux types de cardioversion, la cardioversion électrique est sans aucun doute la plus efficace, indiquée chez les patients arythmiques qui appartiennent aux catégories suivantes :

  • Les personnes présentant une fibrillation auriculaire persistante et une situation vasculaire et circulatoire compromise, qui ne répondent pas à la cardioversion pharmacologique ;
  • Les personnes souffrant de fibrillation auriculaire persistante qui ne s’arrête pas après sept jours ;
  • Les personnes souffrant de fibrillation auriculaire persistante qui sont traitées par des médicaments antiarythmiques pour remplacer ce traitement ;
  • Les personnes présentant des symptômes graves de fibrillation auriculaire et un rythme cardiaque très élevé.

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Ablation de la fibrillation auriculaire

En quoi consiste l’ablation de la fibrillation auriculaire ?

Il existe une méthode largement utilisée pour traiter ce type d’arythmie : l’ablation de la fibrillation auriculaire, qui peut être réalisée de manière traditionnelle par transcathéter, ou en utilisant le « froid ». C’est une intervention sûre, peu invasive et surtout efficace, tant à court qu’à long terme, car elle vous permet, à vous, patient jeune ou relativement jeune, de reprendre une vie normale sans avoir à prendre les médicaments anti-arythmiques mentionnés plus haut, avec leurs effets secondaires. Vous ne devez cependant pas arrêter le traitement anticoagulant.

Comment se déroule l’ablation de la fibrillation auriculaire ?

L’ablation de la fibrillation auriculaire est une procédure qui résout le problème de l’arythmie à sa racine, en provoquant de petites brûlures (ablations), qui cicatrisent les zones de l’oreillette où débute l’impulsion anormale. Elle est recommandée pour tous les patients souffrant d’arythmie, c’est-à-dire ceux qui souffrent de fibrillation auriculaire paroxystique, persistante ou permanente, réfractaire aux médicaments et à la cardioversion, ou qui présentent des troubles cardiaques concomitants ou d’autres maladies comme le diabète. La procédure standard consiste à insérer un cathéter dans le cœur à partir d’une veine de l’aine. Voici les étapes de l’ablation de la fibrillation auriculaire :

  • Un cathéter est inséré dans une veine de l’aine, sous anesthésie locale, muni à son extrémité d’un embout métallique capable de dégager une énergie chaude, qui est remontée jusqu’au cœur ;
  • La procédure est surveillée par fluoroscopie, une technique de radiographie qui permet de visualiser en continu l’intérieur des vaisseaux.
  • Une fois dans le cœur, au point de l’oreillette d’où provient la fibrillation, le cathéter émet une énergie de radiofréquence qui élimine la fibrillation.
  • À la fin de l’ablation proprement dite, le cathéter est retiré.

L’intervention est réalisée en hôpital de jour sous anesthésie locale et sédation, elle dure entre deux et quatre heures et est considérée comme sûre et peu inconfortable pour le patient. Un traitement anticoagulant doit être suivi avant et après l’intervention.

Nouvelles techniques d’ablation de la fibrillation auriculaire

Il existe également une toute nouvelle technique d’ablation de la fibrillation auriculaire, appelée cryoablation, qui consiste à insérer un ballonnet gonflable dans une veine pulmonaire, voire les quatre, car l’anomalie électrique qui conduit à la fibrillation prend souvent naissance dans ces gros vaisseaux, et pas seulement dans le nœud sinusal. Le ballon, une fois en place, est gonflé et congelé à une température de -50° C, afin de « brûler » (grâce à l’énergie du froid), le point défectueux. C’est également de cette manière que l’ablation de la fibrillation auriculaire est réalisée.